Guillon est l’aboutissement d’une période de gauche française (je dis bien française). Sûr d’elle même et omniprésente dans les médias, elle prêche depuis 30ans la bonne parole et brule l’infâme qui tombe dans ses filtres à politiquement correct.
En 1981 les socialistes prennent le pouvoir et mettent environ 2 ans pour comprendre que la France va dans le mur. Depuis l’époque de Pierre Mauroy la gauche française se cherche. A la fin des années 90 elle est toute fière: ne nombreux pays européens sont devenus socialistes “quel espoir”… (j’ai bien dit français, l’espoir de gauche). Aujourd’hui la gauche, toujours la même, n’a plus que deux options dans le débat politique:
-la moquerie (“humoristique” bien sûr)
-et le respect au plus vite de la loi de Godwin. C’est à dire qu’il faut disqualifier l’adversaire plutôt que de l’affronter politiquement, dans le sens noble du terme.
A gauche on est souvent réaliste. Les grands rêves marxistes on n’y croit plus, tant la réalité de l’histoire pèse de son lourd fardeau.
Le problème c’est qu’on ne se débarasse pas de son idéal comme ça! alors on cherche. Et en attendant on agit …en militant ici ou là, en gouvernant sur des promesses absurdes mais efficaces électoralement parlant, on réfléchit beaucoup …en animant des débats participatifs; et puis, on se distrait, on réclame donc des amuseurs pour oublier qu’on s’est enivré de grands soirs autrefois. Ca permet de se sentir encore en vie malgré 1983… et 2002.
Guillon fait partie de ces amuseurs convoqués à la messe pour amuser le peuple des fidèles. On voit sur les blogs qui débattent de la rémunération de Guillon quelques contradictions déconcertantes: les pro-Guillon en ont marre qu’en France il y ai encore un tabou avec l’argent…
Un collègue me disait “au fond moi je suis de gauche par éducation et puis y’a qu’à voir dans les médias tous les grands intellectuels sont de gauche, alors!”.
J’aurais bien corrigé son terme “tous les” par “un grand nombre de ceux qu’on entend”. Finalement j’ai fermé ma gueule. Il ma fait réfléchir, j’avoue, et c’est pas donné à tout le monde.
bref! reste que cette pensée intellectuelle affronte un passif tel que la raison comme le coeur ont bien le droit de s’en détourner.